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samedi 7 novembre 2009

Octobre 2009

Retour sur le mois passé...

Rett.iuwt

Asmanur a eu la formidable idée de créer une plateforme Status.net en parallèle du chan #sdz (et #zds - sur epic.net) et de Buzzerl : ça s'appelle "Rett.iuwt" ou "Twuitter", et c'est ici.
Etant maintenant bien habitué à Twitter, j'avoue que j'apprécie bien ce mode de communication, en particulier comparé à IRC (où, il faut bien le dire, je ne fous jamais les pieds), aux forum et aux réseaux sociaux plus "riches" :

  • Par rapport aux messageries instantanées donc, c'est beaucoup moins invasif, on gère plus facilement le bruit, et ça a également l'énorme avantage de la persistance (les logs IRC, c'est pénible à lire).
  • Je trouve les forum souvent trop "statiques". De plus, ils sont généralement axés vers un "thème" en particulier, et se prêtent mal au partage d'items (liens, news, photos, etc...) : ils ne sont pas vraiment faits pour ça.
  • Les "gros" réseaux sociaux, au sens "grosse appli", sont... lourds. Facebook par exemple, même s'il reste un outil très utile pour garder le contact avec ses potes, n'est pas du tout adapté pour une utilisation en mode "communauté" : trop d'applications (plus useless et mal codées les unes que les autres), trop de bruit et des outils (et interface) trop lourds. Sans parler des problèmes d'accès aux informations privées...
Peut-être Google Wave (NON, je n'ai pas d'invitation, je n'y suis pas !) proposera-t-il quelque chose de nouveau dans ce domaine...

Dans la foulée, je cherchais un client multi-plateforme pour Twitter et Status.net, et je suis tombé sur qTwitter, qui est tout à fait sympathique. Certes, ce n'est pas le plus joli esthétiquement, mais il fait bien le job et a pas mal de fonctionnalités utiles (réglage mises-à-jour, support de Twitter, Identi.ca et autres Status.net, options d'auto-#tag et de raccourcissement d'URL...).

Il reste plus qu'à trouver un moyen propre de faire le pont entre deux comptes/API Twitter et Status.net, et ce sera  nickel...


SupInfo

On a beaucoup entendu parler de SupInfo ce mois-ci, dans des termes peu avantageux (euphémisme).
D'abord la sombre histoire d'un étudiant à qui SupInfo refusait de remettre son diplôme qui a fait un peu de buzz. Ensuite, un article assassin d'un enseignant chercheur sur la formation prodiguée par cette école... qui a déclenché pas mal de réactions, notamment celle d'un compte Twitter (@olivier_comes) supposé appartenir à un responsable de cette école (je vous laisse juger au vu des tweets, mais je ne peux que penser qu'il s'agit d'une usurpation d'identité...).
Je ne commente pas l'affaire de l'étudiant, elle me parait louche. Pour ce qui est de l'article, s'il avait été écrit par un membre de la CTI, j'y porterais plus de crédit, même si je pense que l'auteur est de bonne foi.

Je ne connais personnellement aucune personne étudiant ou ayant étudié dans cet (ces) établissement(s). Je ne connais pas non plus particulièrement bien la formation prodiguée.
Pour autant, les problèmes mentionnés (même s'ils sont exagérés, là n'est pas la question) sont pour moi "logiques" pour une formation privée, d'une part, et non sanctionnée par la CTI d'autre part.
J'ai toujours été favorable à l'enseignement (supérieur) public, qu'il se fasse en classes préparatoires, universités, écoles d'ingénieurs ou autre. Ce n'est pas tant une question de gratuité (les écoles de commerce publiques sont payantes par exemple), mais une certaine garantie (imparfaite bien sûr) du mérite de l'intégration : concours après les CPGE, intégration sur titre depuis la fac, etc... L'argent n'est pas supposé intervenir dans cette phase là.
Ensuite, qu'on le veuille ou non, la commission des titres d'ingénieur impose des conditions parfois très strictes aux établissements pour que ceux-ci délivrent le diplôme d'ingénieur. Ce n'est pas pour rien : d'une part, cela assure un semblant de standardisation entre les formations sur les sujets transverses (gestion de projet, management, communication, langues, formation théorique, etc...) quelque soit le niveau supposé de la dite formation. D'autre part, c'est une sorte de "label qualité" applicable à tous ses diplômés. Bien sûr, ensuite, certains étudiants seront plus compétents que d'autres dans un contexte professionnel : c'est pourquoi il est évident qu'avoir un diplôme SupInfo n'est pas un point négatif en soi. Cependant, je comprendrais un recruteur (surprenant, non ?) qui à profil équivalent préfèrerais un candidat avec un diplôme d'ingénieur.

Jeux

Deux très bons jeux ce mois-ci :

  • Plants VS Zombies : un excellent jeu de stratégie sur PC (Windows, Mac et Web) dans le genre "tower-defense en lignes". Design marrant, bonne durée de vie, musiques géniales... vraiment très sympa.
  • Professeur Layton et la boîte de Pandore : sur Nintendo DS, dans la lignée du premier épisode. Je craignais un peu que le principe de jeu s'essouffle à cause d'une répétition des énigmes, mais je me trompais : on se régale tout pareil.


Musique et BD

D'abord, l'annonce du nouvel album des Puppetmastaz pour le 9 Novembre (déjà) : "The Breakup". Si vous aimez le Hip Hop un peu décalé, technique et à tendance électro, foncez. Un minimix de preview, absolument génial, est disponible gratuitement ici.

Dans le style vieux Blues et Boogie, je vous conseille Sonny Boy Williamson I, un grand harmoniciste ayant enregistré dans les années 30 et 40. Beaucoup de perles dans sa discographie.

J'ai enfin récupéré la bande originale du film Conan le Barbare, par Basil Poledouris. Hormis le fait que c'est excellent (surtout pour un geek comme moi, ou pour un fan de Naheulbeuk), je pense que c'est à conseiller à toute personne souhaitant découvrir doucement la musique classique : les morceaux sont plutôt courts, les mélodies assez simples et redondantes, mais la composition générale et l'interprétation en font quelque chose de très intéressant.

En BD, le dernier Jiro Taniguchi, "Un zoo en hiver", est très bon : dans la lignée de ses titres "Un ciel radieux", "Quartier lointain" ou "Le journal de mon père", celui-ci apporte une touche auto-biographique supplémentaire (jeunesse dans l'industrie du dessin et du manga dans les années 60), et une ambiance vraiment particulière. Très touchant.

lundi 28 septembre 2009

Septembre 2009

Intro : J'ai décidément du mal à tenir ce blog à jour... Pourtant, il y a bien des sujets dont je souhaiterais parler ici ; mais entre les articles demandant trop d'investissement en temps et ceux qui seraient trop courts, au final, je ne publie pas. Donc j'ai décidé de me lancer dans une série mensuelle, listant rapidement des petites choses intéressantes, tout domaine confondu (enfin, surtout ceux habituellement traités ici...). En espérant donner un petit coup de fouet à ce blog qui refuse de mourir.

Logiciels :

Découvert au taf, Launchy est un petit lanceur d'application bien sympathique, disponible sous Windows et Linux. Très pratique (et libre).

M'étant mis tout récemment à la musique assistée par ordinateur (voir plus bas), je vous conseille Audacity (libre et multi-plateforme) que je découvre pour tout ce qui est enregistrement et montage audio. J'avoue que j'ai toujours eu peur des logiciels de MAO à cause de la complexité de certaines références (genre Cubase), mais là ça se présente de manière plutôt simple, même s'il faut creuser un peu pour certaines fonctionalités.

Enfin, j'ai récemment commencé à utiliser Eclipse au travail... Contre toute attente, je sens que ce soft va me réconcilier avec les IDE : bien que lourd, il fait un nombre de tâches hallucinant et facilite vraiment la vie du développeur sur pas mal de points assez peu intéressants (conventions syntaxiques, intégration du gestionnaire de configuration, génération automatique de méthode, commentaires, détection d'erreurs en live, etc...). J'ai sans doute l'air de découvrir la roue, mais bon... quand ça tourne bien, faut pas bouder son plaisir.


Musique

Certains le savent, d'autres non. Je suis un gros fan de Blues, et je joue depuis "presque" un an de l'harmonica diatonique (blues harp donc). Comme je l'avais déjà dit ici, je pense que ce sujet est un peu loin des thématiques habituelles de ce blog, et donc j'en parle chez Lefty.
Notamment ce mois-ci : un article sur une compilation de Blues très bien foutue pour ceux qui veulent découvrir, et un premier essai d'enregistrement avec Lefty à la gratte (d'où l'utilisation d'Audacity).


Pro

Suite à la fin de ma mission précédente, j'ai enchainé cet été sur un nouveau truc en... Java. Et plus précisément en Java3D.
Ce nouveau job me plait beaucoup, en bonne partie parce que j'apprends énormément de choses nouvelles, et que l'environnement est assez différent de mes expériences précédentes.
D'abord le domaine de la géométrie algorithmique (que je connaissais déjà dans un contexte de calcul scientifique/modélisation mathématique) qui est bigrement intéressant. Pour l'occasion, je me suis d'ailleurs (enfin) payé le Computational Geometry (de Berg - Cheong - van Kreveld - Overmars) que je ne saurais que trop conseiller à ceux qui s'intéressent à ces problématiques (attention cependant, il n'existe pas de traduction).
Ensuite, l'environnement très libre/open source : même si c'est en bonne partie des outils classiques de développement en Java, c'est toujours agréable de bosser avec des choses comme Eclipse (voir plus haut), Ant, TestNG, SVN, TRAC, plein de bibliothèques libres, etc... (plutôt que Visual Toto, des scripts batch halakon, des outils de test et des libs internes foireux, Clearcase et Rhapsody...). Ah oui, et un wiki pour la doc : si c'est pas cool ça...
Bon, et le Java, c'est pas si terrible.


IoGraphViz := Io + GraphViz

Comme je voulais depuis longtemps m'investir dans un vrai projet libre, et qu'en parallèle je voulais me pencher plus sérieusement sur le langage Io, je me suis lancé dans le projet IoGraphViz.
Il s'agit d'un binding, pour le langage Io, de l'outil de génération de graphes GraphViz. Il n'est pas encore stable/mature, mais j'espère sortir assez rapidement une première version fonctionelle. Pour l'instant je me base fortement sur l'équivalent en Ruby : RubyGraphViz, mais je compte diverger de plus en plus de ce (très bon) point de départ.
Ce qui est intéressant en se lançant dans ce genre de projet, c'est que ça implique de nombreuses contraintes qui sont assez formatrices :

  • Mieux maitriser le(s) langage(s) utilisé(s) bien sûr
  • Héberger son projet/maitriser un gestionnaire de configuration et/ou de version (dans mon cas, je me suis mis à Git via Github - sous Windows, c'est pas de la tarte au début mais on s'en sort...)
  • Et surtout rechercher toutes ces petites choses auxquelles on ne pense pas : de la doc sur des points ultra pointus, un générateur de documentation, tests unitaires, etc...


Je compte faire un vrai article d'introduction (in English if you please...) à la lib quand elle sera présentable.


Curiosités du web

International Dialects of English Archive propose des petits fichiers audio à l'écoute illustrant les accents (en anglais) de gens des quatre coins du monde. Amusant et pratique pour bosser son oreille.

Journée Mondiale présente une liste (non exhaustive mais impressionante) des journées mondiales/internationales/européennes/nationales de... tout et n'importe quoi (genre là on est entre la Journée Européenne des Langues et la Journée Mondiale de la Surdité... touss touss).

Buzzerl : un reddit pas bien, fait par des gens biens, utilisé par des gens biens et des gens pas biens (en Erlang).

jeudi 26 février 2009

Loi Création et Internet : Black Out

Je suis bien conscient que je parle rarement politique ou économie sur ce modeste blog. Je suis aussi conscient qu'il y a probablement, en ces temps de crise, moultes sujets plus importants : des 90000 nouveaux chômeurs en France en Janvier, en passant par les réformes dans l'éducation, la recherche ou les collectivités territoriales, les petits soucis dans les colonies, ou ces pauvres moines tibétains dont on ne respecte pas tellement les droits (de l'homme).

Mais en bon geek occidental égocentrique que je suis, je me dois de faire un petit billet contre cette espèce de bouse malsaine que d'aucuns nomment la Loi Création et Internet (dite loi HADOPI). Je ne refais pas ici le topo sur cette loi en cours d'adoption que bien d'autres auront bien mieux expliquée (cf les liens ci-dessous - pour résumer : liberticide, techniquement stupide et fondamentalement inefficace).

Simplement, en bon mouton engagé, je participe d'une part au black out, qui consiste à peindre son site personnel en noir (vous remarquerez que de par mes compétences et mon amour assez relatifs pour le CSS, seule ma bande latérale se retrouve partiellement noircie). D'autre part, je viens de signer à l'instant la pétition lancé par le magazine informatique SVM (qui rappelons-le, ne sont pas d'affreux gauchistes aux relents bolchéviques, le couteau entre les dents, etc... NI -et ça aussi c'est important- des geek boutonneux de libristes utopistes qui font pleins de trucs illégaux et gratuits avec leurs ordinateurs, tellement qu'ils s'en servent bien.).

Bref, dans quelques mois, quand vous serez sous les verrous parce que votre voisine de 12 ans a craqué la clé WEP (15 à 30 min actuellement) de votre DuconBox pour télécharger illégalement le dernier single de Laurie, vous pourrez vous aussi, vous la jouer prisonnier politique si vous prenez vos disposition maintenant. A bon entendeur, je vous laisse de la lecture :


Une dernière chose : comme le prédit la prospective assez inquiétante, cette loi et les moyens qu'elle envisage ne seront pas efficace contre les geeks, les hackers et les libristes, bien qu'elle les fasse passer d'office pour des petits bandits. Que tout soit bien clair entre nous, l'Etat, en France, actuellement, n'a absolument pas les compétences en informatique (mais pas que) nécessaires pour faire appliquer cette loi (pour preuve, la récente infection par Conficker de réseaux de l'armée). Et on ne fait pas voter une loi sans volonté de la faire appliquer.

mardi 24 février 2009

Diffusion du libre

Je ne sais pas si c'est une fausse impression de ma part, mais j'ai l'impression que la notion de logiciel libre est plus connue et mieux comprise par le grand public qu'il y a quelques années. Bien sûr, il reste du chemin à parcourir et de la "propagande" à faire, mais il me semble qu'il y a évolution (même si "libre" reste trop souvent synonyme de "gratuit").
Essayons de synthétiser les vecteurs de cette évolution, ou du moins, les facteurs contribuant le plus significativement à la propagation de la "culture libre" (au sens plus large qu'uniquement logicielle).

Vecteurs de diffusion de la "culture libre"

Bon, je passe sur Internet. C'est évidemment la clef de la naissance, l'évolution et la réussite du libre, depuis le départ. D'ailleurs, Internet et le web sont construits principalement sur des technologies (et des principes) libres ou du moins ouvertes : HTTP(S), SSH, CGI, FTP, Javascript, PHP, etc... (certes, il y a aussi le Flash...).

La fondation Mozilla, via Firefox a été et reste un acteur très important de propagation du libre. Même si la fondation est assez souvent critiquée par la communauté du libre, pour des raisons aussi diverses que de validité variable, elle mérite que l'on reconnaisse le bénéfice de ses actions.
D'abord Firefox est un bon à très bon produit, surtout comparativement à Internet Explorer. Pour autant, je ne pense pas que ce soit le logiciel libre le plus répandu auprès du grand public (les chiffres me manquent pour vérifier ça : si quelqu'un connaît une bonne source de statistiques à propos du libre, je suis preneur) : d'une part, Internet Explorer est encore majoritaire en terme de visites web, et d'autre part, on a tendance à oublier pas mal de programmes, énormément employés (en bonne partie de par leur gratuité) : VLC, eMule, Vuze (anciennement Azureus), The Gimp ou Java... La différence avec ces logiciels, est que Mozilla met largement en avant le côté libre de Firefox (et de ses autres produits), ce qui n'est pas le cas sur ces autres. C'est assez similaire sur la suite OpenOffice de Sun : le côté libre/open source est souvent souligné dans les pubs.

Wikipédia a, je pense, indirectement, mais fortement, contribué à diffuser la culture libre. Le principe d'encyclopédie collaborative est bien connue du public. Le droit de réutilisation du contenu est également bien admis (bien que les conditions de rediffusion imposées par la license de documentation libre GNU (GFDL) le soient nettement moins...). Sur les principes, le logiciel libre et les règles de Wikipédia sont très proches : tout le monde peut participer/contribuer, réutiliser, diffuser, etc... C'est en bonne partie Wikipédia qui fait connaître les licences Creatives Commons via Wikimedia Commons (de plus en plus de sites les mettent en avant cependant, comme Flickr récemment). Ces principes étant compris pour l'encyclopédie, ils deviennent plus clairs lorsqu'ils sont expliqués pour les logiciels.
Par ailleurs, la communauté libre utilisant Wikipédia de façon soutenue, les projets libres sont souvent mis en avant dans les articles du site (parfois de manière subjective et un peu pénible d'ailleurs : je ne pense pas qu'on ait besoin de ça...), ce qui permet une certaine forme de publicité : la pub par la doc (un logiciel (ou autre d'ailleurs) existe-t-il vraiment s'il n'a pas d'article sur Wikipédia ?).

Ensuite, phénomène commercial plus récent, l'apparition des netbooks ou ultra-portables a contribué à faire connaître le logiciel libre et surtout Linux (pas forcément en bien cependant) à un public de néophytes (à commencer par les vendeurs informatiques eux-mêmes...). Je ne suis pas persuadé que les gens aient bien compris la notion de logiciel libre en achetant un eeePC sous Xandros, mais ils ont au moins compris la différence de prix avec Windows... c'est déjà ça (c'est l'argument principal de vente de Linux, hormis la moindre consommation mémoire par rapport à Vista ou même XP).
Par contre, j'ai des doutes plus que prononcés sur l'efficacité de la "pub" des netbooks pour Linux. En effet, les 2 distributions majeures sur ces machines (majeures car les plus "vendues") sont Xandros (eeePC) et Linpus Linux (Acer Aspire One) : ces 2 distros sont... nazes. Bloquées, interfaces trop simplifiées, modification constructeur de packages "basiques" (sous Linpus : Firefox, Pidgin notamment...)... Bref, je les trouve extrêment mauvaises, assez loin de l'esprit de départ de Linux, et forcément décevantes pour le grand public issu de Windows XP. Il y a cependant des exception comme la Suse SLED sur le MSI Wind par exemple, ou d'autres sous Xubuntu.
Il faut par contre noter que l'apparition de ces machines a pas mal boosté la communauté et les entreprises sur le développement, la relance, ou l'adaptation de distros adaptées : gOS, Xubuntu (mon choix sur Aspire One A150 : XFCE devrait vraiment être relancé par les netbooks), Ubuntu Netbook Remix, Joli Cloud (à venir ?), Android (pas mal de boulot a été fait pour récupérer le dev effectué pour les OS de mobiles ou PDA)... plus l'adaptation matos pour les "grandes" distributions existantes : OpenSuse, Ubuntu, Mandriva, etc...
Je suis mal renseigné sur les BSD, mais il serait intéressant de savoir comment ces communautés ont réagi par rapport à ces nouvelles machines.

Bien sûr, il serait injuste de ne pas parler ici du travail constant fait par la communauté dans son ensemble : développement bien sûr, mais aussi et surtout : rencontres, stands, aide, forums, install parties, propagande, pétitions, etc... C'est un boulot souvent ingrat, faut reconnaître le mérite des gars et des gyals qui font ça (bénévolement en général, rappelons-le).
C'est aussi eux qui diffusent l'information lorsque le logiciel libre est adopté par une grande entreprise ou mieux, par une administration de l'état : c'est souvent un bon coup de pub pour le libre.
Plus méchant, les procès contre les entreprises ne respectant pas les licences libres (en France on a eu Free notamment pour du soft intégré dans la Freebox si je me souviens bien) ou contre les monopoles (Microsoft, bien souvent... mais bientôt Google probablement) font parler du libre, et sont toujours une occasion d'expliquer les fondamentaux.

Cela dit, tous ces facteurs doivent, selon moi, à terme devenir de moins en moins significatifs. Même la partie "éthique" du LL passe, à mon avis, au second plan derrière la qualité logicielle. Je ne parle pas ici d'une quelconque norme industrielle bancale : je parle simplement du fait que de par leur nature, les projets libres, ou open sources (sous réserve d'être suffisament "importants") doivent logiquement être d'une qualité supérieure à leurs homologues propriétaires (et à fortiori freewares). Cela peut se constater déjà sur de nombreux exemples : Firefox est probablement le meilleurs navigateur web actuellement (même si Opéra ou Chrome se défendent), la JVM est toujours probablement la meilleure machine virtuelle sur le marché (depar sa portabilité : faut se méfier de .Net sur d'autres aspects...), les langages libres sont systématiquement meilleurs que leurs homologues propriétaires (troll ?), OpenOffice arrive petit à petit au niveau d'offre de Microsoft Office, en science de nombreuses libs sous GPL ou autre dominent l'écosystème (Lapack entre autres...), Linux (troll ?), etc... Je n'ai pas parlé ici des domaines que je connais mal comme le P2P ou la messagerie instantanée où il y aurait des choses à dire...
C'est à mon avis sur ce point qu'il faut appuyer encore et toujours pour convaincre. Il faut croire que Microsoft a droit à l'erreur avec Vista, les migrations d'OS ayant surtout profité à Mac OS et à... Windows XP (!), mais dans le libre, un nouvel utilisateur déçu, c'est un utilisateur perdu ad vitam aeternam. Au boulot ! ^^


Notes :
Je comptais initialement faire un article pour présenter quelques logiciels libres que je considère comme étant injustement méconnus du grand public (Thunderbird, Pidgin, Sage et Freemind probablement). M'étant un peu enflammer sur la diffusion du LL, j'ai pas envie de coller le reste à la fin, ça viendra dans un prochain article.

Je ne prétends aucunement faire autorité sur les questions évoquées ci-dessus (même si mon "style", je m'en rends compte et m'en excuse, peut le laisser penser) : c'est plus un avis personnel, pour invitation à la réflexion et à la discussion sur ces sujets (les commentaires sont grand-ouverts).


Crédit images, par ordre d'apparition : libre.taxi par Gabriel Juan (utilisation commerciale interdite),

dimanche 14 décembre 2008

3 petits Reddits

Petit post publicitaire pour présenter à ceux qui ne connaissent pas Reddit, et 3 petits sub-reddits sympathiques.



Reddit est un site de "social news" ou de "social bookmarking", assez proche de Digg (l'aspect réseau social en moins), ou Scoopeo en Français (moins orienté "news" cependant) : son contenu consiste en une liste de liens proposés par la communauté des internautes, mise à jour en permanence. Afin de trier les liens par sujet, il existe de nombreux "sub-reddits", spécialisé dans un genre ou un thème donné. Parmi les plus connus de ces sub-reddits, on retrouve Pics, Politics, Technology, Science, Programming, Ruby, WTF (What The Fuck ? : C'est quoi ce bordel ?) ou encore NSFW (Not Safe For Work : pour du pOr|\|0 et autre...). Depuis plusieurs mois, il est possible de créer gratuitement ses propres sub-reddits, publics ou privés, sur des sujets de son choix, et ce, assez facilement.

Au niveau de l'utilisation, le principe est très simple. Vous pouvez proposer un lien qui vous a plu (ou pas d'ailleurs...) à l'un des sub-reddits. Ensuite, ce lien apparaitra dans la liste des nouveaux liens soumis. A partir de ce moment, les autres redditeurs pourront voter pour ou contre ce lien, le commenter et éventuellement le reporter en cas d'abus (par exemple si vous postez un lien prOn dans le reddit des trucs mimi). Si votre lien obtient un accueil favorable, il pourra éventuellement passer en première page.
Pour encourager les redditeurs, il existe un système de points appelés "points de karma". Ils sont supposés représenter le respect que vous doit la communauté en fonction de votre attitude : liens soumis appréciés, bons commentaires, etc... Sans être un but en soi, ils donnent un aperçu de l'activité de chacun sur le site.

Parenthèse pour les hackeurs, le code de Reddit est libre et donc disponible pour chacun. Au départ codé en LISP, il est désormais principalement implémenté en Python (sources).

Cependant, comme beaucoup de sites "web 2.0" reposant majoritairement sur l'activité de sa communauté, il est soumis à divers problèmes. Notamment, il est très difficile pour un sub-reddit de survivre si sa communauté n'est suffisament active, ou, tout simplement, nombreuse (ce qui est souvent le cas pour des sujets très spécifiques). De même, étant un site international, c'est l'Anglais qui domine très largement les autres langues (même s'il existe quelques reddits spécifiquement dans d'autres langues...). Il est d'ailleurs amusant de constater une certaine "animosité" à l'égard de liens dans certaines langues (dont le Français) ou l'absence totale dans certaines autres (dont l'Arabe)...

Je me permets donc de vous proposer ici 3 "petits" reddits qui me paraissent intéressants :

Pixel Art :

Ce très modeste sub-reddit se focalise sur le pixel art, bien sûr, mais également sur toute autre tentaive artistique liée à 'lunivers informatique.

Blues Music :

Autre sub-reddit sympathique, mais malheureusement très peu actif, Blues Music parle bien évidemment... de Blues. N'hésitez pas à proposer vos liens !


XFCE :

Enfin, l'un des plus "spé", le reddit de l'environnement graphique XFCE. Pour info, j'ai découvert cet environnement récemment via les nouveaux netbooks sous Linux, et je dois doit dire que dans ce type de matériel, il est particulièrement efficace et agréable.

mardi 2 septembre 2008

Essai de Google Chrome en Live !

Après l'annonce hier de sa sortie imminente, Google Chrome, le navigateur web made in Google, est disponible depuis quelques (petites) heures en téléchargement (ici). Le géant du web diffusait déjà aujourd'hui cette BD (en anglais), expliquant par
 la voix de ses développeurs l'intérêt de ce logiciel et détaillant techniquement (parfois de manière assez poussée !) ses caractéristiques diverses.

Après mon dernier article sur le navigateur orienté social Flock, je ne résiste pas à vous refaire le coup du post écrit en live depuis ce nouveau browser.

De l'importance de la première impression...


Ce qui saute aux yeux à l'ouverture du soft, c'est la sobriété et la clarté de l'interface. Comme sur la plupart des applications Google (je pense surtout à Gmail et Google Reader), c'est une réussite : du bleu clair et du blanc, des icônes claires et populaires, etc... Le design de l'interface est entièrement tourné vers l'onglet, et non pas vers la fenêtre. Pour celle-ci, on oscille entre un visuel rappelant la dernière version de GTK, et l'interface de Windows Vista... pour le peu qu'on la remarque ! En effet, et comme annoncé, ce sont les onglets qui gouvernent ici, et donc, ceux-ci atteignent le haut de l'écran, un peu comme en mode plein écran sur d'autres navigateurs.

La barre principale est minimaliste, dans un style rappelant assez Safari : 4 boutons, la barre d'adresse et 2 icônes de menu déroulant ("contrôler la page actuelle" et "personnaliser et contrôler Google Chrome"). Même la barre de favori en dessous peut être enlevée (on y retrouve en coin le dossier des favoris sous forme de menu déroulant). Tout  à manifestement été fait pour que l'on oublie le navigateur lui même : clairement, on ne voit que sa page web.

Au niveau de l'affichage, c'est WebKit, le moteur de rendu utilisé par Safari (et dérivé du KHTML de Konqueror) qui est utilisé. J'avoue être très agréablement surpris par les progrès de celui-ci... même si c'est un peu déstabilisant lorsqu'on est "trop" habitué au moteur Gecko (employé par Firefox).

Oh, et un détail : il n'y a pas de panneau latéral !


Vite vite ?


Au démarrage, Chrome va vite. Chez moi (c'est important), il est à priori plus rapide que Flock (équivalent à un Firefox 2 dernière version avec quelques extensions) et plus rapide que Firefox 3... Au chargement, c'est assez difficilement mesurable à l'oeil nu, et surtout, ça me paraît plus "variable" qu'avec mes autres navigateurs (hormis peut-être Opera...) : sans doute un poil plus long, mais à faire vérifier par de vraies mesures. Par contre, le navigateur est impressionnant pour le javascript : Gmail et Google Reader (tiens des applis Google, comme par hasard...) sont extrêmement rapides (si vous n'êtes pas convaincus, à tester sur cet interpréteur online de Brainfuck... qui n'a pas été codé par Google...).

Au niveau de la consommation mémoire, chaque onglet est un processus séparé. Pour résumer pour les moins informaticiens d'entre nous, c'est à dire qu'ils se comportent comme étant chacun "un programme à part" : notamment, si l'un d'entre eux bugge, le programme dans son ensemble ainsi que les autres onglets continuent de fonctionner. Cela veut également dire que l'on peut surveiller la conso de chaque onglet : le programme propose un gestionnaire de tâches séparé de celui de l'OS ainsi qu'une page spéciale about:memory afin de gérer sa consommation.

A titre purement indicatif, sur ma modeste bécane (avec les mêmes pages ouvertes bien sûr mais probablement avec des différences de cache) :
  • Chrome : 131 M
  • Firefox 3 : 97 M
  • Flock 1.2.4 : 115 M
Chrome est donc encore assez loin des efforts de Mozilla pour diminuer la consommation mémoire.

J'ai par ailleurs l'"impression" que l'intégration du Flash est d'avantage réussi que dans mes autres navigateurs... Illusion d'optique ?

Clarté et Opacité


Parmi les exemples et fonctionnalités qui font la clarté de Chrome on a une barre d'état... inexistante : celle-ci apparaît uniquement au besoin, pendant le chargement d'une page ou lorsque l'on passe sur un lien. La barre d'adresse met également en relief le nom du site plutôt que l'adresse complète de la page courante. Les options sont également très claires. Et les principaux raccourcis de Firefox fonctionnent... La page d'acceuil est une sorte de Fast-Dial en mieux : il propose les pages les plus visitées par l'utilisateur mais aussi les favoris récents ou encore d'afficher l'historique : très bien conçu.

Cependant, certaines fonctionnalités me paraissent d'un accès assez difficile, comme le gestionnaire de tâches, le passage en mode "navigation privée" ou encore le gestionnaire d'extensions/plug-ins (pas trouvé). Par certains côté, Chrome me rappelle beaucoup les produits Mac de par son "opacité" sur les fonctions les moins employées par les utilisateurs (demandez donc à un Mac-User basique d'ouvrir un terminal et un éditeur de texte...).


Et Tic et Tac ?


Fini le live, parlons éthique... Ou plutôt, posons-nous quelques questions...

  • Est-il raisonnable d'utiliser un navigateur produit par l'entreprise leader (incontestée) du web ?
  • Quel est l'intérêt pour Google de financer ce navigateur ?
  • Celui-ci intègrera-t-il une forme de publicité ? (autre que pour la marque Google en elle-même)
  • Google finançant la fondation Mozilla, qu'en est-il de l'avenir des relations entre ces 2 entités ?
  • Faut-il craindre l'avènement du Big Browser ?
  • Si Google Chrome est open-source, n'est-ce pas en partie pour favoriser l'adoption des technologies "Google-made" par les autres grands acteurs du monde libre (Mozilla entre autres) ?
  • Quid du service de mise à jour de ce navigateur ? (élément de sécurité critique)
  • Quel sera l'impact de cette nouveauté sur le marché des navigateurs web ?
  • Qui vise Google ? Microsoft et/ou Mozilla ? (et/ou Apple ?)
  • Chrome ne sera-t-il que le navigateur d'Adroid ? (pour téléphones portables)
  • Pourquoi Chrome n'est-il disponible que sous Windows !!!? (pour l'instant...)
  • Où sont les extensions et les plug-ins ?
  • Juste un buzz ?

A chacun de répondre, pronostiquer et choisir.

Conclusion

Google Chrome est prometteur. Tous les paris ne sont pas encore gagnés pour lui, loin de là : performances, consommation mémoire, ouverture, sécurité et maintenance... Cependant, sa conception  relativement neuve (relativement car WebKit n'est pas non plus une révolution...), ses objectifs techniques et son originalité lui assureront inévitablement des adeptes. Cela suffira-t-il a changer significativement la donne dans le marché des navigateurs web, toujours (mais de moins en moins) dominé par Internet Explorer ? Rien n'est moins sûr... mais c'est Google, on ne sait jamais...
Par ailleurs, il soulève bien des interrogations, et même des inquiétudes, notamment dans le monde du libre. Sans sombrer dans la paranoïa et la suspicion pour toute société possédant plus de 4$, il est nécessaire de continuer à rester prudent vis-à-vis des pratiques de Google.


Ressources :


Note : Les images de cet article appartiennent à leurs propriétaires respectifs. 

dimanche 22 juin 2008

Le Logiciel Libre expliqué à ma Maman (et à toute personne non portée sur l'informatique...)

Le logiciel libre est une notion importante en informatique actuelle. Mais si n'importe quel geek, informaticien ou programmeur maîtrise ce concept, ce n'est pas le cas du grand public et particulièrement des personnes pour qui l'informatique n'est qu'un outil nécessaire, mais souvent un peu compliqué.

Le but de cet article est donc de tenter d'expliquer à ma maman, et par extension à toute personne peu portée sur l'informatique ce qu'est un logiciel libre.
Dans ce cadre, il est très probable que je fasse des raccourcis, analogies ou approximations sur certaines notions ou concepts liés ; à l'attention des personnes pointilleuses sur ces points qui font parfois débat (ou troll), n'hésitez pas à utiliser les commentaires afin de mettre les choses au point, point (poin poin !).
Par ailleurs, seuls les geeks semblent maîtriser le web et avoir le temps de lire les pages présentées dans les liens (et d'autres choses, comme la navigation par onglets sous Firefox ^^) : donc, la plupart des liens pointent vers une simple image (Une image vaut mille mots.).

Qu'est-ce qu'un logiciel ?

Commençons par le commencement ! Word, Excel, Firefox, Outlook Express et iTunes sont des logiciels. C'est probablement ceux qu'utilisent le plus ma maman. Mais ce ne sont que quelques exemples. Window$, MacOS X et Linux sont également des logiciels : ce sont des systèmes d'exploitation (c'est à dire le logiciel qui gère l'interaction avec le matériel, écran, clavier, etc ainsi que la base pour les autres logiciels cités en premier.).
Mais il y a également des logiciels plus "discrets" pour l'utilisateur de base : les "drivers" (ou pilotes) qui font fonctionner du matériel (imprimante, webcam, etc...) sur un PC, les systèmes assurant les transmissions bancaires, les applications web (comme Gmail, ou ce blog), le manager de vol d'un avion, un code calcul scientifique, le système d'un téléphone portable, un guichet de retrait de monnaie ou encore la synchronisation des feux dans les grandes agglomérations.

Pour résumer, sur un ordinateur (au sens large), un logiciel est toute la partie non-matérielle. En anglais, on parle de "Harware" pour le matériel (partie "dure") et de "software" pour les logiciels (partie "légère" ou immatérielle).

Comment construit-on un logiciel ?

Sans trop rentrer dans la technique, quelques notions sont utiles pour la suite.
Tout logiciel est construit à partir d'un "code source" qu'écrit le programmeur, développeur ou codeur (ou ingénieur logiciel, mais celui-ci, il se la pète un peu je trouve ^^). De quoi s'agit-il ? Il s'agit d'un texte, écrit dans un langage spécialement conçu pour "communiquer avec l'ordinateur". Il existe de nombreux langages permettant d'écrire du code.
Le code source peut être défini comme un ensemble d'ordre et de définitions d'ordres que le codeur donne à la machine. Du coup, le code source d'un logiciel peut être comparé à une recette de cuisine à laquelle on ajoute une définition des gestes techniques (abricoter, brider, delayer, etc...).
Par exemple, ci-dessous voici à quoi pourrait ressembler le code permettant d'ouvrir une fenêtre contenant une horloge à l'heure :

Programme Fenetre-Horloge :
ouvrir fenetre
fenetre contient horloge(heure_actuelle)
toutes les 1 secondes : mettre l'heure à jour dans horloge
fin programme


Bien sûr il s'agit de pseudo-code : c'est à dire un langage de programmation que la machine ne comprendrait pas. Mais dans l'esprit, on n'est pas très loin de ce à quoi pourrait ressembler un vrai code source. La preuve, voici un vrai programme faisant ce que je viens de décrire, en Ruby (Ruby est donc un "vrai" langage de programmation) :

stack do
background black
para @time.strftime("%a"),
span(@time.strftime(" %b %d, %Y "), :stroke => "#ccc"),

strong(@time.strftime("%I:%M"), :stroke => white),
@time.strftime(".%S"), :align => "center", :stroke => "
#666"
end

(source : hackety.org par Why's the Lucky Stiff)

C'est déjà moins compréhensible, mais ça marche ^^ !

Qu'est-ce qu'un logiciel libre ?

Un logiciel libre est un logiciel dont la licence dite libre donne à chacun le droit d'utiliser, d'étudier, de modifier, de dupliquer, de donner et de vendre ledit logiciel.
Cette citation Wikipedia est selon moi une bonne définition de ce qu'est un logiciel libre.
Mini-Tux, une mascotte de Linux (libre !)

Contrairement à ce qu'on pourrait facilement penser, un logiciel libre n'est pas forcément un logiciel gratuit. C'est sa licence qui est libre, c'est à dire le texte "juridique" définissant les droits de l'utilisateur sur le logiciel. Même si la majorité des logiciels libres sont gratuits, il en existe quelques un payants, ou en version payante (on y reviendra).

En l'occurrence, l'utilisateur, quel qu'il soit, à le droit d'utiliser le logiciel comme bon lui semble.

Contrairement à la plupart des logiciels propriétaires (non-libres donc), l'utilisateur a également le droit de copier, donner, vendre ce logiciel dans certaines conditions. Il n'y a donc quasiment pas de piratage dans le monde du logiciel libre puisqu'on est libre de dupliquer et de distribuer ces logiciels. Je dis quasiment car les conditions ne sont parfois pas respectées : par exemple une condi tion de redistribution peut être de continuer à montrer le code source (ce que ne font pas toujours les entreprises).

Le droit de vente peut paraître surprenant : pourquoi vendre un logiciel qui peut ensuite être redistribué gratuitement ? En pratique, peu de logiciels libres sont payants. La plupart du temps, le code source du logiciel est gratuit, mais c'est le support associé qui est rémunéré. Par exemple, le logiciel de développement que j'utilise actuellement est libre, mais mon entreprise paye la société qui le distribue pour corriger rapidement les bugs que nous rencontrons, ou ajouter de petites fonctionnalités. Je peux par contre utiliser la version amateur, sans support, gratuitement, à la maison.

L'utilisateur a également le droit d'"étudier" le logiciel : en pratique, cela signifie qu'il a le droit d'accéder au code source du logiciel pour comprendre (ou essayer de comprendre) comment celui-ci fonctionne. On parle alors de logiciel "Open-source" puisque ses sources sont accessibles à tous ; "ouvertes". Bien entendu, ce droit est surtout destiné aux développeurs : ceux qui sont capables de lire le code source.
Hormis le côté éducatif, ce droit a un avantage direct pour un logiciel libre : les bugs et autres erreurs dans le code source sont visibles par tous et donc, le plus souvent, rapide ment détectés. Cela explique également pourquoi les logiciels libres les plus utilisés proposent des mises à jours régulières : les erreurs sont fréquemment corrigées et on en fait profiter les utilisateurs le plus rapidement possible.
Enfin, dans le domaine scientifique, il y a un autre intérêt direct : la vérification. Dans un code de calcul notamment, il devient possible de vérifier les formules et algorithmes qui ont été employés. En cela, le logiciel libre garde l'esprit scientifique (particulièrement mathématique / pas de brevets en maths) qui veut que le savoir soit accessible à tous.

Le logiciel libre en pratique

Beaucoup de logiciels libres sont soutenus par une "communauté". Ce terme, qui fait un peu penser à "secte", "hippy" ou "communisme", désigne simplement un groupe de personnes soutenant un logiciel libre. Il s'agit bien sur de programmeurs qui le développent, mais aussi de simples utilisateurs qui l'utilisent bien sûr, mais aussi qui le testent (et donc préviennent de certains bugs), le diffusent, écrivent de la documentation (aide, wiki, manuels, etc...), font sa publicité, aident les débutants ou même le soutiennent financièrement.

Ce côté communautaire fait souvent croire que le logiciel libre est uniquement l'affaire de quelques passionnés, et que les entreprises ne les emploient jamais. Cela est faux.

Pour le simple utilisateur, un logiciel libre a plusieurs avantages. Comme on l'a vu précédemment, il est souvent gratuit, facilement trouvable puisque librement distribuable et mis à jour régulièrement.
Ensuite, du fait de l'ouverture du code, les logiciels libres sont souvent personnalisables puisque n'importe qui peut proposer un module complémentaire (comme un aspect graphique ou un add-on sous Firefox).
Enfin, de par la compétition (pour ne pas dire guerre) entre les logiciels libres et les logiciels propriétaires, les communautés attachent beaucoup d'importance à aider les nouveaux arrivants, notamment sur les forums d'aide (en principe du moins...).

Un aspect important du libre en informatique réside dans les standards des formats, ce point étant vital pour les utilisateurs de base et probablement encore plus pour les entreprises. Un format, c'est les dernières lettres d'un fichier : par exemple .jpeg ou .gif pour une image, .mp3 ou .ogg pour une chanson, .doc ou .rtf pour un document texte ou encore .xls pour un classeur Excel.
Plus que trois lettres après un point, ces formats désignent la façon dont la machine écrie et lit ces documents : c'est une représentation de la donnée de départ en langage machine ; en règle générale, un être humain ne peut pas lire ces formats.
Le problème est qu'il existe des formats propriétaires. Une entreprise peut donc décider de déposer une licence propriétaire, ou un brevet sur un format qu'elle aurait "inventé". C'est le cas pour Microsoft avec le .doc et le .xls ou le .aac par Sony (entre autres). Alors, elle peut décider de "libérer" son utilisation ou non.
Dans tous les cas, ces formats posent problèment car d'une part, une entreprise peut décider d'abandonner un format (si Microsoft abandonne le .doc, comment ouvrir ses documents dans 10 ans ?) ou d'autre part de restreindre sa diffusion en faisant payer les producteurs d'autres logiciels l'employant. Ou encore de se réserver entièrement les droits sur un format : par exemple pour de l'audio pour écouter un tel format créé par Toshiba, vous devez acheter un lecteur Toshiba (simple exemple).

En général, les logiciels libres préfèrent créer ou/et employer des formats libres et standards assurant ainsi la compatibilité entre les différentes applications (par exemple un format de tableau pourrait être lisible par différents logiciels tableurs -comme Excel-) ainsi que la pérennité des documents.

Quelques exemples de logiciels libres (propriétaires) :

  • Firefox ; navigateur web (InternetExplorer, Safari, Opera...)
  • Thunderbird ; outil de messagerie (Outlook Express...)
  • Azureus, EMule ; peer-to-peer (?)
  • OpenOffice.org ; suite bureautique (Microsoft Office...)
  • Linux ; système d'exploitation (Windows, MacOS)
  • The Gimp ; dessin et traitement d'image (Paint, Photoshop...)
  • SciLab ; outil scientifique (MatLab, Maple...)
Références :


Alors Maman, tu as compris ?

Les commentaires sont ouverts !

jeudi 12 juin 2008

Firefox 3 - D-Day !

Je ne vais pas vous faire étalage des avantages de Firefox sur la concurrence dans le monde merveilleux des navigateurs web. Non. Mais je vous encourage vivement à participer au Download Day de Firefox 3.

Il s'agit d'essayer d'établir le record du plus grand nombre de téléchargements pour un logiciel en 24H. Amusant non ? Outre le fait que c'est un évènement marketing sympa, c'est l'occasion de découvrir, ou mettre à jour l'un des meilleurs navigateurs disponibles sous toute plate-forme.

Vous pouvez déjà effectuer une promesse de téléchargement sur la carte du monde (la France n'est d'ailleurs pas si mal placée ^^) ou patienter gentiment jusqu'à... Mardi 17 Juin (selon Silicon.fr, qui a réalisé il y quelques jours une interview de Tristan Nitot, Prez' de Mozilla Europe, sur la sortie du dernier panda rouge).

Bon téléchargement !

mercredi 26 mars 2008

Google Summer Of Code

Cette année encore, Google organise le Summer of Code (abrégé en SoC) : il s'agit d'une opération permettant à des étudiants du monde entier de s'investir dans un grand projet libre le temps de l'été. Pour en savoir plus :

Plutôt que de plagier cette dernière news très bien faite, je vais juste apporter quelques remarques.

Beaucoup de projets impliqués ; Un grand absent ?

De mes petits yeux fatigués, j'ai compté 177 projets libres participant au programme. C'est énorme. Chacun profitant de l'engagement de plusieurs étudiants, à temps plein, pendant 2 mois complets, il faut se figurer le bénéfice que cela génère pour le monde du libre ! Sans compter les 4500 $ pour l'étudiant et 500 $ pour le projet en cas de succès...

On retrouve beaucoup de noms très connus du monde libre : Apache, The GIMP, Wikimedia, Linux, Mozilla... ( Mais aussi certains un peu moins célèbres qui m'ont fait plaisir comme Battle for Wesnoth).

Mais il en manque certains, dont un qui saute aux yeux : OpenOffice.org. Pourquoi ? Vraiment là, je donne ma langue au chat... (Mauvaises relations avec Google ?).
J'ai aussi noté l'absence totale de logiciel de P2P (Azureus et Bittorrent sont eux aussi libres). Là en revanche, ça peut s'expliquer plus simplement vu l'utilisation souvent approximativement légale de ce type d'application. Quoique. A ce compte là, on pourrait exclure tous les projets de langage de prog' : on peut potentiellement en faire mauvais usage...

Les langages ? (Ruby ?)

Question essentielle s'il en est... On en retrouve un nombre considérable : C, C++ et Java bien sûr. Mais pas seulement. La plupart des langages de script sont là : PHP, Perl, Python, Ruby, Javascript, Groovy, Scheme... Et aussi du fonctionnel pour les durs : LISP (CommonLISP et Scheme notamment) et Haskell au moins. Et puis des langages de grognards : Fortran et Ada notamment sur GCC.
Au passage, je trouve vraiment exceptionnel de pouvoir participer, en tant qu'étudiant, au développement d'un "grand" langage via ce programme : LISP, PHP, Perl... Geeky !

Et le Ruby ? On le retrouve sur différents projets, et pas forcément ceux auxquels on pouvait s'attendre...
Certes, il y a Ruby Central dont les propositions de sujet sont très axées sur Merb et sur la collaboration avec d'autres langages (Python et Java notamment) ou d'autres interpréteurs (JRuby et Rubinius).
On retrouve ensuite Ruby dans les projets Codehaus (JRuby) et... NESCent : le "National Evolutionary Synthesis Center" sur le projet Bio* (Bio_ : Perl, Python, Ruby, SQL, Java...) dans le domaine de la bio-informatique. Ruby en science ?

Triple-win ? (Winwinwin...)

Vous l'aurez compris, je suis très favorable à ce type d'opération qui semble profitable aux trois protagonistes :
  • Pour les étudiants : de l'expérience (très valorisable) et potentiellement une rétribution non négligeable.
  • Pour les projets : 2 mois de travail par étudiant (+ 500 $ ?), un peu de pub, et potentiellement un nouveau contributeur régulier avec de l'expérience.
  • Pour Google : de la pub ciblant plus particulièrement le monde du libre. Mais aussi une grosse manœuvre RH de pré-recrutements éventuels.
Pourquoi je pose cette question ?

Parce qu'il est toujours bon de savoir pourquoi l'on reçoit de l'aide ou de l'argent. J'apprécie Google pour différentes raisons et différents produits. Mais si les pratiques de cette entreprise me paraissent bien plus correctes que d'autres (là je pense très fort à la petite boîte de Bill le portail, mais aussi au principal concurrent de Google pour la recherche en ligne, et malheureusement parfois à l'autre pomme...), elle n'en reste pas moins une entreprise comme une autre (peut être plus riche, certes...).
S'il serait dommage de tomber dans la paranoïa libriste extrémiste malheureusement trop courante, il faut néanmoins que le monde du libre sache clairement garder son indépendance et ses valeurs, tout en s'ouvrant davantage sur le monde de l'entreprise. Cela semble être le cas ici.

En bref...

Si contrairement à votre serviteur vous êtes (encore) étudiant et vous avez un poil de talent (l'acharnement marche aussi parfois...) : allez (re-)jeter un coup d'œil sur la page du SoC 2008...


lundi 21 janvier 2008

Première "vraie" contribution

J'utilise énormément Wikipedia, en Français comme en Anglais. Je mets souvent des liens en référence sur ce blog vers cette encyclopédie "libre". Lorsque je cherche une définition, c'est assez systématiquement l'outil que j'utilise.

Et pourtant je suis bien conscient de ses limites et défauts. Trop de liberté pour les contributeurs ? Sources parfois/souvent non-vérifiées ? Détournement du média ? Approximations ? Erreurs ? Les critiques sont assez nombreuses sur le web, et parmi le corps enseignant (pour de bonnes et de mauvaises raisons à mon humble avis...).

Le fait est qu'en ce qui concerne les sciences, le niveau est assez correct. Peut-être ce sujet est-il lui même de nature "encyclopédique" et "libre" ? Certains articles, dans d'autres domaines, me semblent d'une très bonne qualité. Quelques perles :


Bref, ça faisait quelques temps déjà que je corrigeais quelques petites choses par-ci par-là (orthographe, traductions, précisions...). Aujourd'hui, j'ai créé mon premier article.
Il s'agit de Martin Knudsen, fluidicien danois ayant étudié, entre autre, les écoulements de gaz.

J'avais utilisé ses travaux il y a quelques temps déjà, dans le cadre d'écoulements gazeux en milieux poreux (joints de robinets industriels pour la pétrochimie et la pharmaco-chimie... pas pour celui du lavabo !). Alors oui, c'est simplement une traduction de la version anglaise, il ne déplacera pas les foules, et la vie de l'intéressé n'est pas exactement passionnante... Mais il n'y avait pas de raison pour qu'il n'apparaisse pas dans Wikipedia en français. Voilà. En tout cas, vu ce que j'utilise Wikipedia, il me semble normal de commencer à m'impliquer d'avantage dans son développement, même à mon modeste niveau.